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30 Nov

Asaf Avidan : son nouvel album "Gold Shadow" sortira le 12 Janvier 2015 !

Publié par Zik' Ever

Asaf Avidan : son nouvel album "Gold Shadow" sortira le 12 Janvier 2015 !

Asaf Avidan nous dévoilera son nouvel album "Gold Shadow" le 12 Janvier 2015 ! Avec cet opus, l'artiste à la voix d'or signe son sixième album en huit ans et conclut de la plus belle des manières un cycle de vie particulièrement dense, fait d’échecs (amoureux) et d’éclatants succès (artistiques). À 34 ans, ce fils de diplomate, né à Jérusalem et grandi entre la Jamaïque, la Thaïlande et Israël, nous gratifie d’un disque rare qui tranche de façon spectaculaire avec la ronde des « marchandises culturelles » par la pureté cash des émotions qu’il véhicule et la riche diversité des matériaux musicaux qu’il convoque : blues, jazz, rock, folk et synth pop, ...

« C’est l’album où j’ai mis le plus de moi-même » admet le chanteur à la crête punk. « Vocalement, je m’y suis plus investi que dans n’importe quel autre de mes projets. Quant aux textes, je les ai travaillés avec encore plus d’ambition qu’auparavant. ». L’aveu a quelque chose de superflu. Comme si les 12 chansons de "Gold Shadow" nous marquaient suffisamment pour se dispenser d’en faire la retape. Elles nous marquent comme nos premières cigarettes. Ou mieux, comme ces brûlures de cigarettes à même la peau que l’on s’inflige enfant pour prouver à ses camarades que l’on est capable de surmonter la douleur. Au début, on ne sent qu’un léger picotement. Et à la fin, on est près de considérer la souffrance comme une extension du plaisir. C’est un processus sensoriel identique à l’œuvre dans les plus beaux chants d’Edith Piaf, Nina Simone ou Billy Holiday. Ceux dont Deleuze aurait pu dire : « il y a de la mort, de la tristesse, de la maladie en eux. Mais de cette mort, de cette souffrance, de cette maladie, s’élève une même clameur de l’être ».

Asaf Avidan ne sait pas faire autrement. Il faut qu’il mette les doigts là où ça fait mal pour se sentir artiste. "Now That You're Leaving", son premier mini LP de 2006, parlait de façon directe d’une rupture amoureuse qui l’avait laissée sur le carreau. En 2008, "The Recloning", avec son groupe The Mojos, évoquait les mois de convalescence ayant suivi cette rupture. Un an plus tard "Poor Boy / Lucky Man" tournait autour d’une seule et même idée : « comment accepter ces deux personnes qui cohabitent en moi, l’une qui veut construire une relation durable, l’autre qui cherche systématiquement à tout faire foirer. ». En 2010, "Trough The Gale" allait plus loin dans l’introspection avec une parabole melvillienne mettant en scène un capitaine parti à la recherche d’une île sur laquelle on devient immortel. Mais à ce stade, l’amour et la mort ne sont-ils pas de mèche ? Qu’y a t’il d’autre en effet que la mort pour confirmer ce don de soi absolu, sans calcul et sans espérance qui s’appelle l’amour ? Asaf un tourmenté ? Pas plus pas moins que ses maîtres, Leonard Cohen et Bob Dylan, au même âge.

"Different Pulses" en 2013 devait conclure ce cycle avec une flambée de chansons pleine de panache qui l’amenaient à accepter l’inconfort d’un destin mortel sans la consolation de la foi religieuse mais avec celle, même imparfaite, de l’amour. Asaf vivait alors une relation qu’il pensait solide, au point d’envisager de fonder une famille. La bonne nouvelle c’est que l’album s’est mis à cartonner (surtout en France où il est presque certifié double disque de Platine) avec pour corollaire une tournée de plusieurs mois entre Europe et Etats-Unis. La mauvaise, c’est que sa relation n’a pas survécu à ce rodéo sur le cheval sauvage du succès. Et donc, le voilà, comme dans le film de Harold Ramis "Un Jour Sans Fin", revenu à son point de départ. « A l’image de Sisyphe qui sans cesse montait son rocher au sommet de la colline pour aussitôt le voir redescendre, nos actions sont marquées par le sceau de l’échec mais aussi de l’obstination », prophétisait-il il y a deux ans. "Gold Shadow" aurait donc pu n’être qu’une variation sur un thème connu : la rupture. Il est tellement plus.

Il fallait beaucoup de ressources musicales pour éviter la redite. Beaucoup de virtuosité pour rénover complètement un point de vue sur une situation déjà vécue. Et beaucoup de force morale pour ne pas chercher à capitaliser sur un succès en refaisant la même chose. C’est tout l’intérêt de "Gold Shadow" que de révéler un musicien à ce point maître de son art qu’il ose l’éprouver en le confrontant à d’autres sons, d’autres ambiances. David Bowie, Lou Reed, Scott Walker, Tom Waits sont passés par là : comme pour une chrysalide, un chanteur pop se transforme en une voix plus grande, plus riche, capable de transcender les genres. De voix, Asaf en possède une qui assurément n’a pas d’équivalent aujourd’hui, entre l’humain et le mutant, le masculin et le féminin, la jeunesse éternelle et le dernier âge, Jeff Buckley et Jimmy Scott. La voilà mise au service d’un répertoire nomade empruntant à Billy Holiday son tragique pour "My Tunnels Are Long And Dark Thes Days", à Lotte Lenya sa théâtralité cabaret pour "A Part Of This", à John Lee Hooker sa masculinité pour "Bang Bang". Mais aussi à Leonard Cohen et Bob Dylan leurs idiosyncrasies sur "Labyrinth Song" et "Fair Haired Traveller", avec une franchise, une fraîcheur si désarmante que ces deux merveilles parviendraient presque à nous faire oublier leurs inspirateurs. « Fut un temps où je me disais que je devais dissimuler mes influences. Là je me suis dit « Fuck it » ! ». On comprend dès lors l’élan de liberté qui traverse "Over My Head" et "Ode To My Thalamus", deux réminiscences d’une époque où la musique et le monde étaient innocents. On comprend qu’en dépassant les questions de forme, Asaf ait pu aborder le fond avec autant de brillo et d’émotion. Au point qu’après avoir écouté "Gold Shadow" on se demande : « Quand avais-je été autant bouleversé la dernière fois ? ».

Asaf Avidan sera en concert au Zénith de Paris le 18 Mars 2015 !

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